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Interview : Amidou Mezidi

Amidou Mezidi est l’homme de l’ombre des plus grands galas de Boxe Thai en France et à l’étranger. Ce passionné s’est confié à Karaté Bushido avant le Thai Fight Paris, le 8 avril prochain. 

-Le 8 avril prochain se déroule le Thai Fight Paris, au Stade Pierre de Coubertin (75016). Quel a été ton rôle dans l’organisation de cet événement ?

J’ai commencé à être producteur du Thai Fight en 2013. A cette époque, ils avaient arrêté de faire des événements en Europe. Ils continuaient en Asie (Japon, Vietnam, Chine…), mais refusaient d’organiser des « Thaï Fight » sur le vieux continent.  Il m’a fallu quatre ans pour les persuader de revenir.

Lorsqu’ils ont enfin accepté, je leur ai proposé de devenir directeur des tournées internationales et de m’occuper principalement de l’Europe et des Etats-Unis, ce qu’ils ont accepté. Ici à Paris, mais également sur toutes les dates européennes, je suis promoteur et producteur.

– Le Thai Fight Paris regroupe de grands combattants Thaïlandais (Saenchai, Sudsakorn, Saiyok). Est-il facile de travailler avec les organisations asiatiques et ces grands noms.

Au début, c’est très compliqué. Entre l’Europe et l’Asie, il y a deux univers différents. Du point de vue du travail, de la compréhension, de la communication…. c’est très compliqué. Il faut y aller avec des gants et  être très patient et compréhensif.

Quant au Nak Muay (combattants de Muay Thaï), se sont des gens faciles et ouverts une fois le cap de l’amitié et de la compréhension passé. Mais au départ c’est très compliqué de leur faire comprendre nos manières de travailler en Europe.

–  Tu travailles pour le Thaï Fight, mais également pour d’autres grandes organisations. Comment en es-tu arrivé à la ? Quel est ton parcours ?

Quand j’étais plus jeune j’ai fait beaucoup de boxe thaï . J’ai combattu pour la première fois en Thaïlande en 1988, à l’âge de 18 ans. J’ai grandi dans ce milieu. Dans les années 2004-2005, j’avais déjà un pied dans l’organisation. J’ai aidé des gens comme Ali Ouagani et Pascal Arene avec leurs organisations. On a monté de gros événements sur Carpentier et même Bercy. Mais je me suis retiré du milieu en 2007, lorsque la guerre des fédérations a commencé. Pour moi c’était trop complexe et un peu hypocrite. La France a traversé une période creuse entre 2007 et 2012. Ce qui m’a donné envie de revenir, c’est le premier « Best of Siam ». J’y suis arrivé en tant que spectateur et quand j’ai vu l’événement, je me suis dit : « Enfin, ça revient. »

La même année, avec mon ami Jean-Marc Mormeck (champion de boxe anglaise), qui organisait des galas des boxes anglaises, on a décidé de monter un événement multi-boxe ( anglaise et thaï). Ca a été un grand succès. Grâce à ça, la chaine Kombat Sport m’a contacté pour qu’on travaille ensemble. L’objectif était d’aller en Asie pour dénicher des contrats avec les grosses organisations qui refusaient de travailler avec l’Europe. Ca a été un gros pari.

Au départ, personne ne m’en croyait réellement capable. Mais après plus de six mois de négociations très compliquées, j’ai décroché le Thaï Fight. Une fois que la porte était ouverte, les autres contrats sont venus naturellement (Kunlun fight, Glory of Heroes, Top King, Super Muay Thai, final K1, combat Benchamek ) Je suis maintenant producteur et directeur marketing à l’international de toutes les grosses organisations asiatiques.

 

– Quel regard portes-tu sur le Muay Thai français ? Et que pense les Thaïlandais des boxeurs français ?

On a la chance d’avoir une génération de Nak Muay qui est dans le top cinq mondial. Pour moi, on est la deuxième nation derrière la Thaïlande. On a beaucoup de combattants talentueux. Mais au niveau des fédérations, la France va mal et l’ambiance du milieu est horrible.

Les Thaïlandais respectent beaucoup les Français. Ils reconnaissent leurs qualités et les prennent très au sérieux. Vous savez, lorsque qu’un Nak Muay Thaïlandais combat un étranger il ne s’entraîne même pas. Il sait qu’il va faire le boulot et gagner sans trop de difficultés. Mais quand il rencontre un Français, là il s’entraîne très sérieusement, car il sait qu’il va avoir un combat très compliqué.

– Peux-tu nous parler du Thai Fight Paris ? As-tu un combat que tu attends plus que les autres ?

Tout d’abord, il faut comprendre que le Thaï Fight a ce que j’appelle « l’armée Thai Fight ». Ils ont un groupe de combattants défini et chaque événement c’est eux contre le reste du Monde.

Pour cet événement, j’ai choisi de faire un pari risqué. Au lieu d’opposer aux combattants Thai Fight  les boxeurs français les plus médiatisés, j’ai préféré donner la chance à des jeunes talents, méconnus du grand public, mais dans lesquelles j’ai une grande confiance. Je suis certain qu’il va y avoir de grosses surprises.

Les combats que j’attends le plus ? Je pense que Youssef Boughanem vs Gaetan Dambo sera un combat très dur. Ce sont deux attaquants, je m’attends à une très grosse guerre.

Saiyok vs Llodra sera également une guerre entre deux tanks qui avancent et qui ne recule devant rien. Leur technique est similaire, ils envoient que des Sok (coudes et poings). Je pense que le combat n’ira pas au bout.

J’ai également hâte de voir le combat entre Brice Deval et Léo Pinto. Brice est un jeune très prometteur que j’ai découvert a la « ceinture du roi » en Thaïlande le 5 décembre dernier. J’avais été très étonné par son style. Il a un style très thaïlandais, car il ne s’est entraîné que là-bas.

En début d’année, je l’ai fait combattre face à Mathias Gallo Cassarino, qui a plus de 100 combats à son actif. Avec à peine 10 combats en professionnels, le petit Deval l’a humilié. Et là, je me suis dit qu’il fallait lui donner sa chance. Je pense qu’il va tout casser dans les cinq années à venir.

–  Quels sont tes futurs projets ?

Il y a bien sûr le Thai Fight qui continue sa tournée européenne, à Turin notamment. Mais en coulisse je prépare quelque chose de très gros, dont je ne peux pas trop parler (rire). Je peux seulement vous dire que je vais organiser le combat que tout le monde attend,  entre les deux meilleurs mondiaux.

Le projet global sera de faire cinq événements internationaux avec les huit meilleurs Nak Muay. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que dans cette équipe, il y aura Buakaw, Jomthong, Superbon, Yodsanklai. Mais également deux français et pas n’importe lesquels. C’est tout ce que je peux vous dire (rire).

–  Que peut-on te souhaiter sur cet événement ?

Etant producteur, je met beaucoup en jeu, donc j’espère en mettre plein les yeux.  La soirée sera retransmise en live dans 42 pays et pas sur n’importe quelles chaînes. Aux Etats-Unis, j’ai signé un contrat avec Fox Sport. Je suis le premier au monde à mettre du Muay Thai sur cette chaîne !

Je veux vraiment en mettre plein les yeux à tous ces gens (télévisions, promoteurs, spectateurs) qui ont cru en moi, en leur proposant un gros show : écran LED, lumières, lasers… Je veux créer le Walt Disney du combat. Ce standard de production est compliqué à mettre en place en France, mais j’ai envie d’ouvrir les portes d’une nouvelle ères pour le Muay Thaï.

 

Merci à Amidou Mezidi d’avoir répondu à nos question !

Vous pouvez retrouver toutes les informations sur le Thai Fight Paris sur la page dédié à l’événement : http://karatebushido.com/event/thai-fight-paris/

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