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U Hla Win, le Tigre de Birmanie

Par Ludovic Mauchien (avec Jean-Roger Callière)En Angleterre, on l’appelle Richard Edward Morris. Au Myanmar (ex-Birmanie), c’est U Hla Win, son nom de naissance. Il a vu le jour sous l’Empire britannique. Il a connu l’occupation japonaise. Il a vécu l’indépendance en 1948, puis le coup d’état militaire en 1962. Depuis un demi-siècle, U Hla Win vit à Liverpool et est reconnu comme l’un des plus grands experts de Bando Thaing au monde. Il sera à Bercy le 26 mars prochain.
 
 
U Hla Win appartient à cette catégorie de personnes qui mérite à être connue. Il l’est certes déjà, mais seulement dans l’univers du Bando Thaing, où il est même une légende, tant il a voué sa vie aux Arts Martiaux birmans.
Né en 1936 à Yangon (Rangoon), U Hla Win découvre l’art martial sous l’occupation japonaise, en 1944, dans un Monastère Bouddhiste, le « Ma Soe Yein Buddhist Monastery ».
 
Au début des années 60, il prend la double nationalité anglo-birmane et part vivre en Angleterre pour enseigner le Bando Thaing. Aujourd’hui, il retourne régulièrement au Myanmar. Ce fut notamment le cas en janvier où nous l’avons suivi grâce à Jean-Roger Callière, vice-président de l’International Thaing Bando Association (ITBA), la Fédération mondiale.
 
Spécialiste du Tigre et des Serpents, U Hla Win s’est d’abord forgé une solide réputation en « Lethwei » (Boxe birmane). Il a d’ailleurs livré de nombreux combats dans diverses parties de la Birmanie et mêmes quelques uns en Angleterre. Puis il est devenu un spécialiste de la casse et de l’art du « Dha » (sabre) et des « Dha Pyans » (couteaux tournants).
 
 Spécialiste de la casse et du sabre
 
 
Aujourd’hui, il est « Pima U Se Sayagyi », ou 10e degré, le plus haut niveau du Bando Thaing. Et, pourtant, U Hla Win rechignait à être interviewé. Car il estime modestement que certains maîtres au Myanmar ont plus de mérite que lui. Il est pourtant reconnu comme un « Grand Maître » par la Myanmar Thaing Federation, dont il est le responsable technique pour l’Europe. Il est aussi membre de la commission technique de l’ITBA, dont le président actuel est l’Espagnol Jesus Vasquez Rivera.
 
Cette interview a finalement eu lieu sous la forme d’une discussion à bâtons rompus à Yangon. U Hla Win nous fait (re)découvrir les Arts Martiaux birmans de l’intérieur, tels qu’il les a vécus, tels qu’il les vit.
 
 Expliquez-nous, après vos 50 années d’enseignement, ce qu’est le Bando Thaing ?
 
C’est un art complet qui évolue avec le pratiquant. Sommes-nous les mêmes à 20, 40 ou 60 ans ? Avons-nous les mêmes aspirations, les mêmes capacités ? Le Thaing est une réponse à ces questions.
C’est un art complet car nous abordons le combat dans son aspect global : du travail avec les armes (« Banshay ») au travail à main nue (« Bando ») avec ses applications sportives, la Boxe (« Lethwei ») et la lutte (« Naban »). Enfin, il existe le travail de la force interne et du maintien de ses capacités physiques et intellectuelles.
 
Mais le plus important dans le Thaing est sans aucun doute l’esprit avec lequel on le pratique. Ma philosophie : faire que l’égalité entre les hommes ne soit pas que des mots. Le respect est, pour moi, quelque chose de primordial.
L’enseignement a évolué avec le temps, prenant des chemins parfois étonnants pour revenir à ce que nous faisions il y a environ 70 ans. Je regarde ce qui se passe avec beaucoup de joie et d’amusement.
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Selon vous, quel est le plus efficace pour se défendre

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